Effet FOMO : quelles sont les conséquences ?

par Didier

Derrière l’acronyme FOMO se cachent les mots « Fear of missing out », ou « La peur de rater quelque chose » en Français. Il s’agit donc d’un phénomène psychologique, qui concerne notamment le monde du trading pour des raisons que nous allons expliquer ici.

Il est d’ailleurs important de préciser, en préambule, à quel point l’état d’esprit (dans le sens brut du terme) a un impact sur les décisions, les réflexes et les stratégies de l’investisseur. Un excès d’enthousiasme ou un pic de peur peuvent conditionner largement la réalisation des bénéfices. C’est pourquoi il est intéressant, outre l’analyse technique, de s’arrêter parfois sur des questions d’ordre mental.

Voyons plus en détail en quoi consiste le FOMO, puis comment il s’applique précisément à celui qui se lance dans le trading. Cela devrait permettre aux néophytes de comprendre certains enjeux touchant d’autres zones que la pure approche mathématique ou économique.

L’effet FOMO : signification générale

Se déconnecter pendant une semaine dans une cabine au milieu des bois, sans accès à Internet, sans même un journal ou une radio… ça peut paraître séduisant à une époque où tout est connecté. Mais certains ne pourraient absolument pas le supporter, comme le rappelle Loïs de Deuz.biz, à cause de ce qu’on appelle justement l’effet FOMO.

C’est un effet purement psychologique… mais qu’il ne faut pas prendre à la légère. Il peut prendre des proportions démentielles et même provoquer des insomnies chez les plus touchés. Certains gamers par exemple vont rester éveillés toute la nuit par peur de rater un événement aléatoire promis par les développeurs, qui pourrait leur permettre de gagner rapidement des niveaux.

Si rien ne se passe, une nuit entière de sommeil aura été perdue. Et bien sûr, ce phénomène peut aussi (surtout ?) toucher les investisseurs.


L’effet FOMO : qui est touché ?

Il faut se méfier du réflexe consistant à penser que « ça n’arrive qu’aux autres ». N’importe qui peut être touché par l’effet FOMO :

  • Un débutant qui veut absolument saisir sa première grosse opportunité, et qui reste alors des heures devant son logiciel.
  • Un habitué qui, enivré par ses premiers gains, a l’impression qu’il en laissera passer trop d’autres s’il ne se montrer pas constamment alerte.
  • Un expert qui, malgré ses nombreux succès, craint de se « relâcher » et se montre intransigeant envers lui-même dans le suivi des cours.
  • Une personne âgée qui, pense que ses derniers jours arrivent, et à besoin de contractualiser une assurance vie.

Le problème, c’est que dans tous les cas, ce phénomène peut avoir des effets secondaires particulièrement pervers. Voyons pourquoi !

L’effet FOMO : quelles conséquences ?

La question des conséquences de l’effet FOMO sur l’attitude et même la vie d’un investisseur est au cœur de ce que nous voulons expliquer ici. Elles peuvent être nombreuses et dramatiques. Bien sûr, il ne s’agit en aucun cas de juger ceux qui rencontrent ce genre de problèmes. Mais la prévention est importante, pour que tout le monde puisse anticiper au mieux les conséquences et s’en prémunir.

Voici ce qui pourrait arriver si quelqu’un ne gère pas l’effet FOMO :

  • Cela peut avoir un grand impact sur le volume des prises de position. L’épargnant va saisir trop souvent les opportunités qui se présentent à lui, de peur de rater « la bonne ». Et on peut imaginer les pertes occasionnées par cette approche frénétique.
  • L’effet FOMO peut conduire à une pratique obsessionnelle du trading, où le jugement est en partie aboli par la peur de rater quelque chose. Alors l’investisseur va se négliger, consacrant une grande partie de sa vie aux placements boursiers. Même si les résultats sont fructueux, cela empêche un vrai équilibre de vie, dans le cadre d’une vie de famille par exemple.
  • L’effet FOMO, bien que partant d’une intention de faire au mieux, peut très vite conduire à des contre-performances. Toute l’énergie consacrée à guetter la moindre fluctuation va entraîner des conséquences physiologiques, cérébrales et altérer la capacité à se concentrer, à réfléchir pour prendre les meilleures décisions.
  • Cela peut fausser la perception que quelqu’un a de l’investissement en Bourse. Comme on le sait, les marchés financiers n’offrent jamais de garantie. Même en se dévouant corps et âme, les résultats peuvent s’avérer décevants. Il est donc conseillé de tempérer ses objectifs plutôt que de rêver une fortune colossale.

L’effet FOMO : comment l’éviter ou s’en débarrasser ?

Puisque la peur de rater est un phénomène psychologique, cet article ne peut pas remplacer une vraie thérapie ou un accompagnement personnel (avec un coach, par exemple). La dynamique est proche de celle qu’on observe chez les joueurs au casino, même si les enjeux et les mécaniques de gain ne sont pas identiques.

Un accro au jeu va toujours vouloir tenter sa chance, espérant que la prochaine sera la bonne, en misant des sommes astronomiques à toute heure du jour et de la nuit. Il y a alors dissonance cognitive, puisque la personne sait qu’elle ne prend pas la bonne direction, mais s’est empêtré dans un cercle vicieux.

En Bourse, on observe des comportements très proches. Le cerveau va trahir l’investisseur, qui se promet que la prochaine changera tout, et qu’il faut donc consacrer encore plusieurs heures à scruter le moindre soubresaut financier. Il est dès lors difficile de s’en sortir tout seul : consulter un spécialiste ou faire une pause, parfois les deux, peut apparaître comme un début de solution.

Dans tous les cas, il est important de comprendre que les possibilités sont extrêmement diverses sur les marchés financiers, que les volumes d’échanges quotidiens sont spectaculairement nombreux… et qu’il est donc utopique de tout suivre. La mesure, que ce soit de temps ou d’énergie, est une excellente alliée pour obtenir de bons résultats sans y laisser « des plumes ».

Mais dans ce triste constant, nous pouvons aussi nous réjouir.

L’effet JOMO : le FOMO inversé.

Ici, c’est le terme JOMO qui entre en jeu, littéralement la JOIE de manquer quelque chose. Cette expression est arrivée au fur et à mesure que le terme FOMO est devenu de plus en plus populaire.

Pour ses adeptes, c’est l’inverse de FOMO, ils se félicitent, eux, de manquer un évènement et prennent le contrepied de l’addiction tant plébiscitée ici.

Le phénomène est tout de même moins fort, ils touchent un nombre moins important de personne qui, eux, sont mieux avertis. Il résulte d’une vraie volonté et d’une démarche personnelle que les victimes du « FOMO » n’ont pas conscience.

Vous l’aurez compris, il y a deux salles, deux ambiances. D’un côté les victimes, pièges et prises dans un cercle infernal, de l’autre « les heureux » qui se félicitent, en connaissance de cause de sortir du lot.

L’effet FOMO : bilan

L’effet FOMO doit donc être connu de toute personne souhaitant débuter en Bourse. Il s’inscrit parmi les nombreux phénomènes psychologiques qui influencent l’investisseur dans son parcours. Il est certain que l’expérience aide à ne pas tomber dans la démesure, mais certains événements personnels peuvent transformer le plus raisonnable des épargnants en un frénétique placeur.

En somme, il ne faut jamais hésiter à faire un bilan régulier de sa pratique, que ce soit en termes d’argent investi ou de temps consacré au trading. Cela permet de développer, petit à petit, une belle autodiscipline !

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